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Moodle et la paléo didactique

 
Avatar Guy Veyssière
Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour à vous,

J'aurais pu intituler le message : Quand j'entends le mot innovant, je sors mon revolver ou bien Moodle et les qcm le degré zéro de la didactique.

Dans Google on est envahi par les qcm si l'on cherche évaluation en ligne et même avec -qcm je ne m'en tire pas trop. Je sors d'une formation à des outils innovants, incluant Moodle et proposant... des qcm ! Oui, certains m'ont répondu : Le qcm est valable à condition de faire de "bons qcm"... Je respecte profondément ces personnes, je dis simplement comment faire autrement ?

La micro informatique est parmi nous depuis plus de trente-cinq ans, l'Internet dans nos établissements depuis vingt ans, on nous rebat les oreilles en nous disant que les outils numériques révolutionnent tout, qu'ils nous amènent à progresser à pas de géants et bilan des courses... le QCM ! Les plus innovants d'entre nous allant même jusqu'à proposer... des quizzzz... zzz... zzz... !

Petite remarque quant à l'innovation, c'est en 1924 que Célestin Freinet, un vieux qui ne pouvait pas innover puisqu'il ne disposait pas davantage que les enfants d'alors d'outils numériques, a introduit une caméra manipulée par les élèves, bientôt cent ans... Mais c'est seulement au siècle suivant que nous sommes enfin innovants avec nos smartphones pour filmer. Là on travaille avec Moodle et cent ans après Freinet on fait des quizzzzz.

Mon propos n'est pas de poser ici des questions que j'ai déjà posées dans ce forum, mais de voir si d'autres parmi nous ont cherché à travailler ces points, auquel cas, j'aimerais beaucoup partager avec ces autres et apprendre d'eux ou avec eux.

Je ne suis pas plus malin que les autres, simplement plus vieux et maladroit, ancien formateur avec passion du plan informatique pour tous de 1985, qui lui proposait et pas seulement dans les mots, d'ouvrir l'école et de permettre aux personnes de l'extérieur, de venir s'y former. Ça c'est resté nouveau ! Je tente de refaire cela virtuellement comme on dit, dans mon établissement avec Moodle.

Il y a une dizaine d'années, j'ai d'abord cherché des outils permettant l'auto-évaluation, disons plutôt auto-vérification, pour proposer des outils utilisables hors de la salle de classe, on peut dire à distance. L'un des pires était Dokeos qui lorsque l'on validait nos choix, par exemple dans un qcm, affichait toutes les réponses que l'on devait avoir, donc même pas moyen de recommencer. Je ne me suis tourné vers Moodle que parce que l'on pouvait créer des auto-évaluations dans lesquelles on n'avait pas la réponse mais simplement vrai faux et on recommençait autant de fois que nécessaire, mais ce n'était un point fort que par opposition aux autres.

Donc le qcm indique dans ses choix de réponses, la/les bonne/s, parfois les plus téméraires donnent une liste qui ne la contient pas. Et là on se dit, wouahhh je suis innovant, accrochez-vous, ça décoiffe. Alors j'estime tout à fait le travail des personnes qui utilisent des qcm, chacun son truc et je constate immanquablement en consultant le travail des autres, qu'il me reste pas mal de choses à apprendre. Celles et ceux qui font des qcm ne font pas que cela bien évidemment. Mais on peut au moins considérer que le qcm est vraisemblablement l'outil qui demande le moins de travail et de production à l'apprenant. Oui, je sais, les personnes qui utilisent les qcm, ne proposent pas que cela, c'est clair, je ne parle ici que de ce point limité.

Je tente donc d'échapper aux qcm dans Moodle, par exemple avec le type de question Cloze. Le premier avantage est que je peux détecter la bonne réponse sans l'avoir donnée, ensuite les utilisateurs peuvent recommencer autant de fois que nécessaire, je peux donner des éléments supplémentaires pour la compréhension, selon les réponses ou le nombre de tentatives. On peut un peu le faire également dans les qcm Moodle.

Inconvénients : L'interface de Moodle pour les questions cloze, n'est pas stable. Pour les versions précédant la 2, une coche verte s’affichait à côté des bonnes réponses et une rouge pour les autres, on pouvait ne pas répondre à toutes. Ensuite les coches ont disparu et on pouvait s'en sortir après avoir validé, en laissant le pointeur de la souris sur la réponse et on voyait alors 1/1 pour bon et 0/1 pour "mauvais", toujours des notes... Ensuite nouvelle variation, il fallait répondre à tout pour avoir l'évaluation. Il fallait alors remplir les cases avec n'importe quoi pour les questions non traitées. Dorénavant et après des signalements, on est revenu aux débuts, vert et rouge pas de nécessité de répondre à tout.

Voici l'une des choses que je propose dans "mon" Moodle au lycée et qui illustre ce que je raconte ici :

Les références de cellules

Ce tableau contient des valeurs et des formules. On souhaite recopier les formules vers le bas, dans la zone verte et l'on vous demande d'indiquer les valeurs que l'on obtiendra. Les zones grises représentent les références de lignes et de colonnes et ne sont donc pas des cellules pour le calcul.

On ne demande pas les résultats pour la première ligne, dans laquelle on a écrit les formules. et des réponses peuvent figurer déjà.

Moodle vous demandera de répondre à toutes les questions ce qui est regrettable, donc si sans avoir répondu à tout vous voulez savoir si les réponses que vous avez trouvées sont correctes, tapez par exemple 1 dans toutes les cases vides. Vous pourrez ensuite recommencer et donc changer ces valeurs autant de fois que vous le voudrez.

  A B C D E
1 4 =A1+2 =$A1+2 =A$1+2 =$A$1+2
2 7
Réponse
Réponse
Réponse
Réponse
3 -10
Réponse
Réponse
Réponse
Réponse
4 12
Réponse
Réponse
Réponse
Réponse

Reste la plus importante des limitations pour ce genre de question, Moodle l'innovant, ne sait pas gérer les variables dans les questions. Je peux demander 3 + 4 = et vérifier la réponse avec celle que j'ai mise en dur dans l'outil cloze, pas de souci. Par contre je peux générer des valeurs aléatoires, même les afficher mais pas les affecter à des variables pour les reprendre dans un calcul, pour mettre en place des trucs gens a + b = et calculer ladite somme. Je ne peux donc pas générer un nombre illimité d'exos du même type et ça, au XXIème siècle, je ne trouve pas que ce soit franchement innovant, ça me défrise. Maintenant c'est peut-être changé, je n'ai pas vérifié.

Avez-vous des solutions qui dans ce cas, au moins pour ma pomme, seraient... innovantes ? Quitte bien entendu à utiliser un autre outil que Moodle pour cela et à l'intégrer.

Excusez pour la longueur et merci à vous.

Guy Veyssière, petit et vieux prof.
 
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Gilles Le Page
Re: Moodle et la paléo didactique
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PiagetBonjour Guy,

Je n'ai pas de réponse directe à ton questionnement (...pas de solution en dur à ta question pas close).

Mais la façon dont tu poses le PB me plait.

Les quizz ne me satisfont pas beaucoup, même si j'en utilise pour varier les plaisirs et faire en sorte que les gens qui se forment avec moi affrontent de temps en temps le fait de vérifier qu'ils ont acquis certaines connaissances. 

Astuce pour animer une séance avec quizz : utiliser de temps en temps Socrative, qui permet de poser les questions en qques secondes de façon impromptue sur le smartphone des apprenants et de recevoir les réponses en temps réel sur le sien,  ou sur un PC. Cette appli ajoute du "fun" à l'exercice sourire ... mais n'est pas encore dans Moodle : on peut seulement donner dans Moodle le lien de la "salle Socrative" ou se trouvera la "question rapide" ou le "jeux de questions" à traiter.

On peut faire des quizz qui n'aient pas de réponse toute faite aux questions (réponses longues), mais ils ne sont plus corrigés automatiquement, je dois alors me taper la correction : ce que je fais quand je ne trouve pas de solution plus pratique pour l'évaluation.

J'ai la chance de former des adultes à des métiers (un ou deux), ce qui permet de mettre souvent en oeuvre l'éval par les pairs, et diminue beaucoup le recours aux quizz.

La seule stratégie qui me semble pertinente, c'est de ne plus évaluer les connaissances, mais la capacité à résoudre un problème en mettant en oeuvre son intelligence. De toute façon, si les apprenants ont accès à Internet, la vérification des connaissances a une efficacité extrêmement mesurée, on vérifie plus la capacité à trouver la bonne info (compétence très utile aujourd'hui au demeurant) que la connaissance elle-même.

Exemple  : plutôt que de demander de faire un calcul en suivant une procédure, comme calculer 8% des 4/5 de 80, je pourrais présenter (avec une image capture écran) en détail la résolution, point par point, de deux façon de calculer dont une aboutirait à un résultat faux par une erreur de raisonnement, et demander aux apprenants de m'indiquer le bon résultat, et de m'expliquer où se situe l'erreur de raisonnement dans la mauvaise résolution.

Autre exemple : plutôt que de demander quels sont les chapitres qui doivent se trouver dans un contrat de travail CDI ou CDD saisonnier du type de celui que nous avons travaillé ensemble, je leur en prépare 2, avec des oublis, des qualités et des défauts, et je leur demande de repérer les oublis et de me dire de façon argumentée celui qui leur semble de meilleure "qualité" et pourquoi.

Préparer ces sujets d'éval prend du temps (surtout la première fois), mais ça fabrique des évaluations formatives, pas seulement normatives, et les apprenants apprécient qu'on les considère comme intelligents et pas simplement "mesurables".

Gilles ...un vieux prof aussi clin d’œil

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour Gilles,

Merci pour ta réponse que j'ai beaucoup appréciée, déjà parce que j'apprécie que l'on me réponde mais aussi pour l'ouverture que tu évoques. En fait Moodle n'est pas l'objectif et ne fait pas tout, je souscris évidemment à ce que tu proposes ici, en particulier sur la mesure. Le fait par exemple que dans Moodle, on ait eu mais je n'ai pas vérifié de nouveau si c'est le cas pour d'autres éléments, l'indication 0 ou 1 pour dire si c'est bon ou pas... Bien entendu je ne pars pas en courant et je ne tombe pas non plus dans les pommes mais comme dirait l'autre "ça parle".

"De toute façon, si les apprenants ont accès à Internet, la vérification des connaissances a une efficacité extrêmement mesurée, on vérifie plus la capacité à trouver la bonne info (compétence très utile aujourd'hui au demeurant) que la connaissance elle-même."  Remarque importante ! Pour ma part je voudrais bien que l'on donne accès à l'Internet pendant un certain nombre d'évaluations. Bien entendu dès que l'on est connecté, si tu as un pote à l'autre bout c'est facilitant et je n'ai pas de réponse, par contre la question je l'ai bien.

Autrefois cette question se posait pour savoir si l'on autorisait le cours, le manuel voire les notes en évaluation. Là pas de complice, mais bon si on veut truander on peut, voir l'utilisation des calculatrices pour noter des infos. Cela rejoint aussi les évaluations de groupe. Ces choses étaient souvent bannies et les collègues qui travaillaient en ce sens, n'étaient pas franchement considérés.

Une remarque qui peut servir aux étudiants qui lisent ce forum : J'ai vu dans un partiel de maths en 72 (euh... 1972), c'est long un partiel de maths, des personnes qui se passaient une boîte de Pépito, ça doit toujours exister, sur les Pépitos, il y a du chocolat... donc on peut écrire et pour détruire les traces... on les mange.

Or lorsque nous travaillons, c'est exactement de cette façon, ce forum étant un exemple du travail de groupe, heureusement presque sans évaluation. Lorsque tu évoques Piaget dans ta citation on est encore pile poil dans cette affaire. Donc la formation ne consiste pas nécessairement à apprendre de manière à ne pas utiliser de notes, l'Internet et les potes (euh... non je ne lance pas un sujet parasite sur ce qu'est la formation sourire mais un tout petit peu à apprendre à mobiliser les ressources, donc à les connaître et à avoir une idée de quoi faire quand on n'est pas déjà passé par là.

Il faut vouloir ce que l'on ne peut empêcher, c'est du Vauvenargues je crois, tiens je vais vérifier sur l'Internet, alors que j'aurais pu me prendre La Bruyère et les autres jusqu'à trouver. Je pense donc qu'ici et maintenant, l'Internet est là sans nous demander notre avis puisqu'il n'est pas issu de nos revendications. Donc élaborons, enfin vous, les jeunes.

Bonne journée sans Angleterre, enfin par l'Internet ça ne change rien.

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Euh... ma remarque au sujet de l'Angleterre n'a aucune signification sous-jacente, simplement je venais d'entendre cela sur France bleue Limousin. Il n'y aucune xénophobie ici, en cette saison il vaut mieux préciser mais les remords ne me sont venus qu'une fois le délai passé pour la correction.

 
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Gilles Le Page
Re: Moodle et la paléo didactique
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Merci aussi, Guy, pour ta réponse à ma réponse ... clin d’œil

Cette discussion est sympa parce qu'elle mélange des réponses techniques et des réponses pédagogiques, et le mélange est productif. 

Daniel Méthot a aussi éclairé la discussion en posant la question sur le fond : "...s'extraire de ces systèmes d'évaluation et de notation qui classent les individus et décident de tout..."

J'ai beaucoup apprécié le résultat d'analyse de Claude, ce genre de travail manque. Je me borne à faire, produire, produire, animer des formations et des plateformes, et je ne mets pas en oeuvre des outils de collecte qui permettent une analyse fondée par la suite.

Un peu comme Daniel je crois que les évaluations n'ont de réel intérêt pour l'apprenant que celui de lui donner des directions pour avancer vers ses objectifs de compétences. Les notes sont donc rarement vraiment utiles en tant que telles, c'est en fait leur évolution qui donne une l'info pertinente.

Ceci étant, les institutions mettent un temps infini à piger cela, et nous n'avons que rarement le choix de sortir du système, on le contourne tout au plus.

J'ai eu la chance de travailler à l'afpa, et, en fin de formation, on y évalue maintenant les compétences métiers par la façon dont une personne agit dans des situations presque réelles. On m'a donc laissé une paix assez royale sur la façon dont j'organisais les évaluations intermédiaires. Avec quelques uns, nous étions précurseurs dans la mise en oeuvre de Moodle, considérés souvent comme des geeks marginaux, mais assez libres de nos mouvements en fait, parce que peu de gens avaient une perception claire de ce que nous faisions. 

Grâce à cette liberté et à Moodle j'ai pu avancer avec les évaluations formatives ou sommatives mises à disposition de l'apprenant quand il le souhaite, et vers les évaluations par les pairs.

Pour info : 

Je me suis permis de reprendre ma première réponse dans mon blog pédago, et j'ai mis un lien vers cette discussion : "Evaluer la mise en oeuvre de l'intelligence". 

Guy, j'espère que tu ne m'en voudras pas.

Gilles

 
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Avatar Claude Divoux
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour sourire

Pour la question pratique :

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Il y a d'abord la "question calculée", par défaut dans Moodle. Dans le texte de la question, on peut écrire des variables, par exemple calculer {a} + {b}. On génère ensuite autant de jeux de valeurs de a et b que l'on souhaite.

Mais là, il n'y a qu'un champ de réponse. Donc pas utilisable dans le cas de votre question sur le tableur.

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J'ai également souvent pratiqué la méthode suivante : je fais une première question cloze (ou autre) que je duplique plusieurs fois dans la même catégorie. Je modifie dans chaque copie les valeurs. Dans le test j'intègre une question aléatoire de la catégorie.

C'est ce que je ferais dans le cas de votre exemple sur le tableur.

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Plus ardu et plus puissant il existe le plug-in tiers Stack.

Stack nécessite l'installation d'un "moteur" de calcul formel.

Faire une recherche "stack moodle".

Stack pourrait servir à faire votre exercice sur le tableur.


Sur le questionnement sur les QCM :

Pour se rendre compte que les tests Moodle sont loin de se limiter à des QCM, je peux vous proposer un petit tour d'horizon en physique.

https://maclasse.net/owncloud/index.php/s/W8i3mpNdDKJA25o

Les tests Moodle représentent un de mes rares retours sur investissement informatique (en temps et en argent) : j'ai réduit mon temps de correction manuel (attention tabou ?). 

Sur le questionnement sur l'innovation pédagogique :

Je peux suggérer le site suivant

http://www.brunodevauchelle.com/blog/?s=innovation

sourire 

Cordialement

Claude

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour Claude,

Merci pour cette réponse qui va m'occuper un moment sourire Je vais bosser cela.

J'imagine qu'il doit exister tout de même des outils conçus pour cela. Je peux faire ce que j'évoque dans un simple tableur mais pas en ligne, en fait je peux proposer sur quelque chose d'aussi simple, que mon interlocuteur copie ces formules et vérifie lui-même ses réponses. Parfois on reste coincé sur une idée et on passe des heures à gratter alors que l'on aurait fait cela bien plus simplement sans Moodle.

Il en est de même en fait avec les questions calculées, il faut que je m'y colle à nouveau. Je me remets à Moodle en fait pour un projet et parfois la facilité c'est le forum

Quant au fait que les tests Moodle ne se limitent pas aux qcm, j'en suis moi-même un exemple puisque je n'ai jamais utilisé de qcm dans Moodle sourire c'est mon côté sectaire archaïque.

Bonne journée.

 
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Daniel
Re: Moodle et la paléo didactique
Groupe Moodleurs particulièrement utiles

Bonjour,

Je découvre avec intérêt ce fil de discussion après une courte absence et... malheureusement une migration saisonnière (à contre-sens des vagues vacancières) qui va m'occuper plusieurs jours...triste

Je ne peux donc répondre en détail mais en résumant beaucoup:

  1. Je constate que ce sont les anciens, c'est-à dire ceux qui ont le plus subi et vécu les ravages des méthodes "pédagogiques" élitistes qui ont encore cours, et qui laissent au bord de la route tant de Mozart(s) potentiels... qui désireraient s'extraire de ces systèmes d'évaluation et de notation qui classent les individus et décident de tout. C'est fou le nombre de questions sur les tests parfois même jusqu'à l'usine à gaz...
  2. Je n'utilise quasiment JAMAIS de tests dans mes formations. Ni même le carnet de notes. Disciple d'Albert Jaccard...
  3. J'essaie d'individualiser les parcours et ne juge des progressions QUE par la capacité à mettre en œuvre les concepts dans des cours "bac à sable". Cela doit être possible dans d'autres matières...
  4. Enfin je trouve que si les nouveaux outils dont nous disposons (accès universels à internet, savoirs répartis sur toute la planète, logiciels open source dont Moodle...) nous ont fournis les moyens de NOUS LIBÉRER DU LIEU de formation (Quand est-ce qu'on démolit les écoles ?) on n'a PAS ENCORE RÉUSSI À SE LIBÉRER du temps, donc des horaires et des calendriers. Exemple les Moocs récents suivis ou à suivre sont tous calés sur des périodes précises et imposées. De même que les formations dans nos écoles. Alors qu'on devrait pouvoir permettre à chacun de se former QUAND IL VEUT et pendant LE TEMPS qu'il veut. Chez moi les formations débutent quand on veut et peuvent parfois durer un an. Ce sera le sens de mon intervention au Moodlemoot cette année.

Daniel

 

 
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C'est moi :-)
Re: Moodle et la paléo didactique
Groupe Moodleurs particulièrement utilesGroupe Traducteurs

Bonjour Daniel,

Et de mon côté, j'aimerais bien pouvoir travailler quand je veux, et d'où je veux...

Séverin

 
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Avatar Claude Divoux
Re: Moodle et la paléo didactique
 
J'essaie d'individualiser les parcours et ne juge des progressions QUE par la capacité à mettre en œuvre les concepts dans des cours "bac à sable". Cela doit être possible dans d'autres matières...


Le Graal de l'enseignant et du formateur.

Ces débats doivent absolument être contextualisés : l'âge du public, le nombre d'étudiants, le niveau, le type de formation (générale ou professionnelle), la CSP dominante.

Mes classes sont toutes à 35 élèves, avec des niveaux moyens faibles, voir très faibles, avec des lacunes de niveau collège en 1S, avec des réflexions "je travaillerai juste avant le bac", avec des élèves de seconde qui seraient bien plus valorisés en formation professionnelle que théorique, et j'en passe. Et mon établissement n'est pas classé "éducation prioritaire".

D'accord pour nous libérer partiellement des lieux de formation. Malheureusement, actuellement, la majorité des élèves, jusque vers 18 ans, n'ont pas l'autonomie suffisante pour construire leur parcours de formation.

Je peux conseiller un ouvrage que j'ai beaucoup apprécié :

L'organisation du travail, clé de toute pédagogie différenciée, Philippe Perrenoud, ESF éditeur, 2012

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Moodle est finalement un outil très polyvalent sourire

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonsoir Daniel, bonsoir tout le monde,

Je viens de découvrir des propos de Valéry à la suite d'une recherche après une émission de France culture, mais je n'ai pas pu trouver le texte en entier.

Paul Valéry écrit dans le Préambule pour le Catalogue de l'Exposition d'art italien, Paris, Gallimard, 1935 : «Nous observons autour de nous, dans les hommes et dans les œuvres, comme nous les éprouvons en nous-mêmes, les effets de confusion et de dissipation que nous inflige le mouvement désordonné du monde moderne. Les arts ne s'accommodent pas de la hâte. Nos idéaux durent dix ans ! L'absurde superstition du nouveau - qui a fâcheusement remplacé l'antique et excellente croyance au jugement de la postérité - assigne aux efforts le but le plus illusoire et les applique à créer ce qu'il y a de plus périssable, ce qui est périssable par essence : la sensation du neuf [...] Aucun de ces maîtres n'a pu croire que chaque artiste se dût créer une «esthétique» propre, et se faire de la nature une déformation qui lui appartînt exclusivement. Ils ne s'étudiaient point à se faire remarquer, mais à se faire longuement regarder - ce qui est fort différent. Étonner dure peu ; choquer n'est pas un but à longue portée. Mais se faire redemander par la mémoire, instituer un grand désir d'être revu, c'est là viser, non l'instant de l'homme qui passe, mais la profondeur même àe son être. Une œuvre qui rappelle les gens à elle est plus puissante que l'autre qui n'a fait que les provoquer. Ceci est vrai en tout ; quant à moi, je classe les livres selon le besoin de les relire qu'ils m'ont plus ou moins inspiré. Or, tout ce que l'on voit ici a été goûté, a séduit, a ravi, pendant des siècles, et toute cette gloire nous dit avec sérénité : «Je ne suis rien de neuf. Le Temps peut bien gâter la matière que j'ai empruntée ; mais tant qu'il ne l'a pas détruite, je ne puis l'être par l'indifférence ou le dédain de quelque homme digne de ce nom.»

 
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Daniel
Re: Moodle et la paléo didactique
Groupe Moodleurs particulièrement utiles

Hum hum...

J'ai du relire cela quatre fois (au moins) pour commencer à comprendre.

Les propos de ce Valéry là (celui qui repose dans le cimetière marin de la corniche de Sète) sont presque aussi obscurs que ceux de notre Valéry à nous...grand sourire

Daniel

 

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour Daniel,

Me fait pas croire que cette phrase :

L'absurde superstition du nouveau ... assigne aux efforts le but le plus illusoire et les applique à créer ce qu'il y a de plus périssable, ce qui est périssable par essence : la sensation du neuf.
est absconse sourire et qu'il n'y a que la technique ou les maths qui ont le droit de ne pas être immédiats.
Guy

 
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ng
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour Guy,

Je viens de suivre une excellente formation réalisée par Mylène Potier de Iutenligne sur les tests dans Moodle. Les tests dans Moodle ont considérablement évolué depuis la préhistoire des plateformes (que j'ai aussi connue).

Je confirme que la question calculée est un puissant outil qui demande certes un peu d'investissement au départ, mais qui permet de réaliser de véritables tests d'autoformation, avec feedback général, feedback spécifiques qui, combinés au paramétrage spécifique du test sur le comportement des questions (Interactif avec essais multiples, Mode adaptatif avec ou sans pénalités) .

Les questions glisser-déposer (drag and drop) sur une image, du texte, sont aussi très intéressantes et plus ludiques. Pas de plugin à installer, il suffit de les activer dans les dernières versions de Moodle.

J'ai expérimenté cette année les tests d'autoformation pour faire comprendre et apprendre des concepts de commerce international (les Incoterms), avec badges. Et ça a très bien fonctionné. Je vais continuer...

Nicole

 
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Avatar Guy Veyssière
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Bonjour Nicole,

Je vais suivre tes conseils, les vacances arrivent, on va enfin pouvoir travailler.

"J'ai expérimenté cette année les tests d'autoformation pour faire comprendre et apprendre des concepts de commerce international (les Incoterms), avec badges. Et ça a très bien fonctionné.", très bien fonctionné, très bien fonctionné, les anglais sont tout de même partis...

Oui c'est nul :'-D

Guy

 
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Gilles Le Page
Re: Moodle et la paléo didactique
Groupe Moodleurs particulièrement utiles

Merci Claude, 

en particulier pour ce document très très intéressant récupéré ici : https://maclasse.net/owncloud/index.php/s/W8i3mpNdDKJA25o

Gilles

 
Moyenne des évaluations Utile (1)
ng
Re: Moodle et la paléo didactique
 

Merci Claude et Gilles pour ce document et aussi pour celui-là sur la constante macabre récupéré en lisant le précédent sourire

http://mclcm.free.fr/EPCC/CM_EPCC.pdf

Nicole

 
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